Dans mon précédent article, je vous racontais mes derniers kilomètres en Italie avant de prédire une arrivée “mouillée” en France. Et bien comme prévu, l’orage et la pluie sont arrivés pendant la nuit. A quatre heure je suis réveillé par le bruit et, par la fenêtre, j’aperçois les éclairs. Heureusement je suis au chaud et au sec ! J’ai de la chance d’avoir été accueilli chez des personnes via la plateforme Warmshowers. J’avais prévu de repartir au petit matin mais à mon réveil il pleut toujours. Et cela va même s’intensifier dans la matinée. Pour accompagner ce temps morose, on m’apprend qu’il y a eu dans la nuit des coulées de boue sur la route. Cela est arrivé côté français et côté italien. Nous sommes donc bloqués au col ! Je passe ma matinée à jouer au ping pong et à regarder les actualisations de “inforoute04”. C’est un site internet qui permet de suivre en direct l’état des routes. Dans l’après-midi le soleil pointe le bout de son nez. La balade jusqu’au col dévoile toute la beauté des montagnes qui nous entourent. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour le lendemain : que les routes soient ouvertes !




- Randonnée dans les Hautes Alpes
A mon deuxième réveil en France, première chose que je fais : regarder la mise à jour de “inforoute04”. La situation semble toujours la même à savoir que la route semble toujours bloquée… fort de mon expérience qu’à vélo on trouve toujours le moyen de passer, je décide de repartir. Mon départ est un peu spécial : la tête dans les nuages ! Un moment vraiment très sympa mais qui ne dure pas. Très vite le soleil perce et les nuages se lèvent. Très vite également j’arrive sur une zone de travaux. Les ouvriers présents me rassurent sur l’état de la route. Elle a été dégagée ! Je file donc tranquillement sur la descente constatant en effet que sur plusieurs zones, il y a des coulées de boue fraîchement nettoyées encore visibles.
Je profite d’être dans la région pour rendre visite à un ami à Ancelle. Commune des Hautes Alpes perchée au pied des montagnes. Le cadre est propice à la randonnée et au VTT. Enfin ma préférence va à la randonnée quand même… Je ne suis pas contre de faire une pause vélo !






- Ventoux et épicerie sur la route de la Méditerranée
La randonnée, c’est très chouette mais très vite le vélo me manque ! Je repars donc en direction du sud de la France et de la mer Méditerranée. Les premiers jours je passe d’un environnement de hautes montagnes à des forêts de pins, des champs de lavande (malheureusement déjà ramassée…), et des rivières entourés de collines. J’emprunte en effet les Gorges de la Méouge, un moment très agréable. Je vois également beaucoup de villages “haut perchés”, nichés en haut de collines ou l’accès ne semble pas être des plus simples ! Et puis au détour d’un énième virage je l’aperçois enfin : le mont Ventoux. Sommet mythique et symbole de la Provence, je pensais depuis plusieurs semaines à faire le détour pour y venir. Et je ne vais pas être déçu !
Ce matin-là je pars donc de Malaucène pour démarrer l’ascension. Je me retrouve vite entouré et doublé par de nombreux cyclistes. Le trafic automobile est presque inexistant. L’ambiance est vraiment agréable et bon enfant. Ces derniers jours, il fait très chaud la journée. Et ce jour-là ne déroge pas à la règle. Heureusement une bonne partie de l’ascension est réalisée à l’ombre de la forêt. Puis en me rapprochant du sommet je me retrouve dans les nuages rendant spéciale l’atmosphère des derniers kilomètres. Pour les derniers lacets, je quitte la forêt et j’arrive dans des pierriers. Au détour d’un virage, la structure iconique surmontée d’une antenne apparaît. Quelques kilomètres plus tard, me voilà au sommet du Mont Ventoux ! Une fois en haut j’aperçois un groupe de cyclistes qui prennent des photos avec le drapeau breton. Ils viennent de Rennes ! Je leur demande alors d’immortaliser cette ascension d’une photo avec le drapeau breton ! Malheureusement c’est sans la vue. En l’espace de quelques minutes la vue se bouche et disparaît de nouveau dans les nuages… Je prends un peu de temps pour rester là-haut. Je me fais alors la réflexion que c’est peut-être la première fois que je monte en haut d’un sommet en vélo. J’ai eu la chance de passer par de nombreux cols mais les sommets restent alors accessibles seulement à pied bien sûr. Cette fois-ci je suis tout en haut de la montagne !
Avant mon départ, il y a un an et demi, j’étais venu dans la région pour découvrir des projets d’épiceries solidaires à Pertuis, Gardannes et Marseille. Je profite donc d’être à proximité pour retourner voir l’équipe de Pertuis. L’occasion de revoir les bénévoles et de repasser par le collège qui m’avait si bien accueilli à mon départ. Moment donc très sympa de partage et de convivialité. C’est également une sensation très spéciale pour moi : la boucle est bouclée en quelque sorte ! Avant mon départ, nous avions parlé de cette visite et nous y voilà.







- La parenthèse corse sur le mythique GR20
Il y a quelques jours, le vélo me manquait mais finalement… la marche à pied c’est sympa aussi ! Il y a quelques mois, nous avions décidé avec deux amis de partir randonner en Corse : petite parenthèse dans ce voyage ! Le point de départ est à Toulon pour y prendre le ferry en direction de Bastia. Après une nuit en mer, courte en termes de repos, nous arrivons enfin en Corse. Il s’ensuit une longue journée en train et en bus pour enfin rejoindre le village de Calenzana : point de départ du GR20.
Ces quelques jours furent donc rythmés par des réveils matinaux et de longues journées de marche, de très longues journées de marche. La première fois où nous avons marché sur de l’herbe, est arrivée le quatrième jour ! Car oui, la partie nord du GR20 est très accidentée. Nous avons randonné pratiquement exclusivement sur des cailloux et des rochers. Enfin… marcher ou escalader car les portions où il faut s’aider des mains, sont nombreuses avec des passages équipés de chaînes. Certains passages non équipés ont nécessité que nous enlevions nos sacs à dos. Mais le GR20 ce n’est pas que des cailloux. Il y a aussi beaucoup de moments magiques : des couchers de soleil, des paysages car les cailloux de loin c’est beau quand même, des cascades et surtout de belles rencontres. Nous avons démarré à trois mais nous avons terminé beaucoup plus nombreux !
Vizzavona marque le passage dans la partie sud du GR20. C’est également la fin de cette parenthèse randonnée. J’avais eu l’occasion de faire la partie sud il y a quelques années. Nous profitons donc de cette dernière soirée pour manger tous ensemble une dernière fois avec les randonneurs rencontrés sur le chemin, l’occasion de nous remémorer les nombreux souvenirs qui s’accumulent en si peu de temps. C’est peut-être une des magies du voyage lent et en itinérance ! Puis c’est le retour en ferry sur le continent pour la dernière ligne droite de ce voyage : direction la Bretagne !











Laisser un commentaire