L’arrivée en Italie se fait en toute simplicité. Je passe devant un panneau indiquant “Italie” avec en arrière-plan le drapeau de l’Union Européenne. Derrière ce panneau, il y a une maison ou chaque fenêtre a été peinte avec une des couleurs du drapeau italien. Me voilà dans un nouveau pays, le 23ème !

- Les Dolomites
Je suis donc arrivé dans les Alpes et plus précisément dans la région des Dolomites. Les premiers jours je continue de suivre une piste cyclable et l’Eurovelo 7. Cependant l’autoroute et la nationale ne sont jamais très loin. Mes journées sont donc accompagnées d’un léger bruit de fond de trafic automobile. Mais c’est toujours un vrai bonheur de suivre cette piste cyclable entourée de montagnes et de parois qui doivent faire le bonheur des alpinistes. J’emprunte une vallée jusqu’à Trento. Avant d’arriver en Italie, la majorité de mes journées étaient en dénivelé positif. Maintenant, en plus du soleil, je profite de journées presque entièrement en pente descendante…
Je découvre une région où on y cultive des pommiers et de la vigne. Plus tard, on m’apprendra que c’est une des principales régions productrice de pommes en Italie. Détail très agréable avec les températures estivales est la présence de fontaines dans chaque village traversé ainsi que le long de l’Eurovélo. Un vrai bonheur !
Côté mécanique, j’ai de nouveau droit à un maillon de chaîne qui casse ! La dernière fois, c’était en Turquie. C’est le signe que cette chaîne commence à fatiguer. Heureusement il ne me reste plus longtemps avant d’être de retour en France !
Depuis mon arrivée dans la région de Trentin-Haut-Adige, je constate que de nombreuses personnes sont germanophiles. En effet la région fit partie de l’empire austro-hongrois. En 1919, suite à la première guerre mondiale, elle fut intégrée à l’Italie (Source : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Trentin-Haut-Adige). Je traverse donc une région riche de sa mixité culturelle unique, et finit par arriver à Trento sa capitale. Cette ville est très connue dans l’histoire du catholicisme pour y avoir accueilli le Concile, convoqué en 1542 par le pape en réaction à la Réforme protestante. (Source : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Concile_de_Trente)
En partant de Trento, je décide de quitter l’Eurovelo pour aller vers le lac Di Garda. La vue à mon arrivée depuis les hauteurs, est magnifique. Mais l’arrivée au lac signifie la fin de la piste cyclable. La route est très belle. Le côté que j’emprunte, est une succession de tunnels sur une route sinueuse en bord de lac. Une vue à couper le souffle. Mais nous sommes un jour férié et le trafic est très dense. Ce n’est donc ni une partie de plaisir ni de tout repos ! Il y a des jours comme ça… Je m’étais un peu trop habitué aux pistes cyclables et à leur tranquillité !







- La plaine du Pô
En partant du lac Di Garda, je laisse la montagne derrière moi pour arriver dans la plaine de Pô qui m’emmène vers Vérone. Au centre de la ville, il y a un magnifique colisée. Mon souhait initial était, depuis Vérone, de retourner dans les Alpes. Je souhaitais continuer mon avancée vers l’ouest pour rejoindre une autre vallée. Je pouvais alors sans trop de difficultés me diriger vers le lac Di Como. Cependant Mais étant donné la chaleur de ces journées, des jours de pluies et d’orages sont annoncés… Devant cette météo défavorable, je décide à contre cœur de changer de route. Je continue donc vers le sud en direction de Bologne. Une des joies du vélo c’est la flexibilité que cela procure !
Sur la route je fais une découverte sympa : la “Ciclorefugio”. C’est une association locale qui a pour but de créer de la vie sociale dans la communauté. C’est une sorte de lieu alternatif. Elle met à disposition son terrain aux cyclistes de passage. On peut donc y dormir en toile de tente et y prendre un cafe bien sûr !
En continuant vers le sud et en restant éloigné des grandes villes comme Venise et Milan, je découvre une Italie non touristique et authentique. Il y a maintenant beaucoup d’agriculture de céréales et un système d’irrigation et de canaux très développé.
Après quelques temps me voilà au pied des Apennines. Le retour à la montagne ! Les Apennines sont une chaîne de montagnes qui s’étend du nord au sud de l’Italie. Elle est située dans la partie centrale entre la mer Méditerranée et Adriatique.
Une institution en Italie c’est la cafetière Moca ! Toutes les maisons ou je suis allé en ont au moins une. Je ne peux imaginer commencer ma journée sans un café. Mais par souci de place je me fais un café filtre. J’ai tout de même eu beaucoup de mal à resiter quand je suis rentré dans ce magasin rempli de Moca !






- Les Apennines
Depuis Modena au pied de la chaîne de montagnes, mon souhait est de traverser la région pour rejoindre la mer Méditerranée et Pise. Cependant la météo est encore changeante. La pluie me fait donc de nouveau changer d’avis et revenir dans la vallée. J’alterne donc entre plaines et montagnes jusqu’à Piacenza. De là je peux enfin prendre la direction de Gènes et de la côte méditerranéenne.
La route est magnifique. Je suis dans un canyon. La rivière en contre-bas est de couleur transparente. Le ciel lui est menaçant. En début d’après-midi des motards arrivant en sens inverse, m’indiquent qu’il pleut en amont. Et en effet je ne vais pas y échapper. Je suis très vite trempé et au bout de quelques kilomètres, je peux m’abriter dans un village. Heureusement ce soir-là, la gentillesse des habitants m’apportera réconfort et douche chaude ! Je peux donc installer ma toile de tente à l’abri. Le son des télévisions diffusant un match de football accompagne ma soirée. Le lendemain après un café je les aperçois enfin : Gênes et la mer Méditerranée.





- La côte méditerranéenne
En arrivant à Gênes, je découvre la place centrale. Puis je prends un peu de temps pour déambuler dans les ruelles étroites de la ville. Le soir en m’éloignant, je découvre une magnifique vue de la ville prise en étau entre montagnes et mer. Ce n’est pas sans me rappeler d’autres lieux identiques mais je ne me lasserai jamais d’un tel paysage.
Pendant quelques kilomètres, je longe la mer Méditerranée. C’est très agréable. Une piste cyclable a été aménagée sur ce qui ressemble à une ancienne ligne de chemin de fer. J’alterne entre tunnels et parties découvertes. C’est une belle matinée jusqu’à Varazze où je prends de nouveau la direction des montagnes pour traverser une dernière fois les Apennines.




- La découverte du Piémont
Depuis quelques temps, j’observe de nombreux villages perchés en haut des montagnes et collines. Ils sont comme suspendus. Récemment seul l’environnement autour change. Les arbres ont laissé place aux noisetiers puis aux vignes. Il y a aussi de nombreux figuiers en bord de route. Parfait pour le goûter !
En l’espace de deux jours seulement, je suis passé de la mer, aux forêts sauvages des Apennines pour arriver vers une région agricole et viticole. En effet je suis à Alba, très connu pour le vin. Mais avant d’y arriver je suis passé dans une région remplie de noisetiers.
Puis depuis Alba je continue vers l’ouest. Je quitte alors les vignes et les collines pour une vallée de céréales. Et rapidement je les aperçois de nouveau : les Alpes.




- Le retour en France
Me voilà donc à une journée de vélo de la France. J’avais de nombreuses options mais je décide de passer par le col de Maddalena ou col de Larche côté français. Malheureusement la météo n’est pas avec moi. J’hésite donc à patienter dans la vallée quelques jours pour attendre une météo plus clémente.
Finalement le lendemain en me levant, je décide de partir. La pluie ne devant arriver qu’en fin de matinée et les orages eux en fin de journée. Mon objectif est donc d’aller le plus loin possible et si la météo me le permet, de passer le col dans l’après-midi. La vallée empruntée n’est pas isolée. Il y a de nombreux villages. Je trouverai donc un endroit pour m’abriter et être hébergé si nécessaire.
En partant, le ciel est bien couvert et les éclaircies sont dans mon dos. Devant moi le ciel est de plus en plus noir. La motivation d’être de retour en France et surtout la volonté de faire le maximum de kilomètres au sec me font avancer vite. Les kilomètres défilent. Le faux-plat montant m’aide pour beaucoup… Je n’ai pas l’impression mais petit à petit, je monte en altitude. En fin de matinée, j’ai le droit à quelques gouttes mais presque rien.
La vue est bouchée mais la route est très agréable. Le col est interdit aux poids lourds supérieurs à 26 tonnes. Le trafic est donc presque inexistant. Au fur et à mesure, j’aperçois de plus en plus des plaques d’immatriculations française.
Je m’arrête deux fois pour patienter que la pluie s’arrête. Il s’agit plus d’un cracha breton que de pluie ! A 4 kilomètres du col, il y a une dernière série de lacets. Le dernier effort. Et puis je l’aperçois enfin… le panneau “France” ainsi que celui du col de Maddalena ! Sensation étrange me voilà de retour en France…
Je profite du moment en allant boire un café au refuge. Après l’effort, c’est maintenant la descente qui m’attend. Mais avant cela une nuit d’orage et une journée de pluie en perspective ! Il est donc temps de se mettre à l’abri.
Ces quelques semaines en Italie du Nord ont été très riches ! J’ai eu la chance de passer dans de nombreuses régions : Trentin-Haut Adige, Vénétie, Emilie-Romagne, Ligurie, Piémont, Val d’Aoste. Mais j’ai surtout eu le droit à un très bel accueil des italiens. J’y ai fait de très belles rencontres et les échanges ont été très riches. Plein de raisons qui me donnent envie de revenir !





Tatiana Castiblanco Tabares
Xavier, qué alegría que ya estés en Francia. Muchas gracias por compartir tus aventuras y esas fotos de paisajes tan bonitos. Dios te siga bendiciendo.