Juillet 2025 – La Grèce, mythologie, plages et aléas climatiques

Au bout de quelques heures de ferry ou plutôt d’un bateau super rapide où l’accès extérieur est interdit, je l’aperçois enfin : la fameuse île de Rhodes ! Me voilà donc, après une année de voyage autour du monde, de retour dans l’Union européenne ! Sentiment étrange, j’ai désormais l’impression d’être vraiment proche de la France…. même s’il me reste encore beaucoup de kilomètres jusqu’en Bretagne… A la descente du bateau, je suis déçu de l’absence d’un poste de frontière théâtral avec un gros panneau « Welcome in the EU » entouré de drapeaux européens pour pouvoir immortaliser le moment avec une photo.

A mon arrivée, mon premier réflexe est de me renseigner pour le ferry en direction de Athènes. Depuis Rhodes, les ferries sont quotidiens mais à tous les prix… Pour réduire les coûts, je décide donc de rester une semaine, ce qui me permettra d’en profiter pour explorer l’île.

  • L’île de Rhodes

Après un café, je pars de la ville de Rhodes située au nord de l’île, pour aller vers l’est. L’ensemble des départs en ferry s’effectuent depuis la ville de Rhodes. Je visiterai donc la ville à mon retour.

Le nord de l’île est très touristique. La côte est bordée de palaces. Une fois sorti de la ville de Rhodes, je finis quand même par trouver un endroit où camper en bord de mer en haut d’une falaise. La vue est magnifique. Je ne le sais pas encore mais l’île de Rhodes va me réserver des lieux de bivouac  aussi magnifiques les uns que les autres. Un des bonheurs de camper en bord de plage, c’est d’entendre le bruit des vagues le soir quand tout est calme. Enfin pas trop proche sinon c’est difficile de s’endormir !

En continuant vers le sud, je passe par la ville de Lindos. Les maisons et les bâtiments sont entièrement blanc, offrant un joli contraste avec le bleu de la mer. Au loin j’aperçois l’acropole de la ville. En poursuivant ma route, je découvre un côté de l’île beaucoup plus sauvage. Les villes et villages se font plus rares. Plusieurs fois des animaux me coupent la route : biches, chevreuils… (je suis bien incapable de faire la différence !).

Je pensais que le temps serait long en restant une semaine. Mais finalement je prends le rythme “île” en ralentissant l’allure, en faisant de petites journées vélo, en profitant des plages, en vivant au rythme du soleil. C’est très agréable. Il fait également très chaud la journée, ce qui me force à chercher des coins d’ombre et à faire des pauses régulièrement. Les jours défilent, et me voilà de retour à Rhodes pour une découverte de la ville avant mon départ.

J’y découvre une des sept merveilles du monde : le Colosse de Rhodes, une statue dédiée au dieu Hélios. Je passe ensuite le reste de la journée à déambuler dans la vieille ville fortifiée témoin de l’époque médiévale. Puis c’est l’heure de se diriger vers le port pour reprendre un ferry en direction d’Athènes. Rhodes a été une belle parenthèse dans ce voyage.

Mais avant d’embarquer un petit incident ! Le vent fait tomber mon vélo et a eu raison de mon garde-boue arrière. Je savais bien que le fil d’électricien emporté par précaution, finirait par me servir !

  • Histoire de l’île de Rhodes

Pour comprendre un peu mieux la richesse culturelle de l’île, je me suis intéressé à son histoire.

L’île de Rhodes est située dans la mer Egée. Son histoire a été façonnée par de nombreuses civilisations.

Entre le 6ème et le 1er siècle avant JC, Rhodes devient une puissance maritime et culturelle majeure. On assiste à  la construction du Colosse de Rhodes. Puis vers 280 avant JC, l’île devient un centre d’enseignement notamment dans les domaines de la philosophie, de la sculpture et de la gastronomie. En 146 avant JC, elle passe sous domination romaine. Puis après la chute de Rome, l’île fait partie de l’empire Byzantin pendant presque 1000 ans.

En 1309 l’ordre des chevaliers Hospitaliers prend le contrôle de l’île. Rhodes devient alors une forteresse chrétienne en Méditerranée orientale résistant à plusieurs sièges ottomans (c’est la raison pour laquelle la ville médiévale de Rhodes est devenue patrimoine mondial de l’UNESCO). En 1522 les ottomans prennent l’île. Les chevaliers quittent l’île pour Malte. La présence ottomane durera 400 ans. Les églises sont alors transformées en mosquées.

De 1912 à 1943 l’Italie prend l’île aux Ottomans. Puis en 1943 l’Allemagne prend le contrôle de l’île. Finalement, après la guerre, en 1947, l’île est officiellement rattachée à la Grèce.

Source : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Rhodes

  • La Grèce continentale et Athènes

En partant de Rhodes, le ferry longe la côte ouest de l’île. Au début de la traversée, je peux donc revoir de loin tous les lieux où je me suis arrêté camper ces derniers jours. Le soleil se couche ensuite rapidement et je trouve une banquette libre pour y passer la nuit. Le jour d’après en fin de matinée me voilà arrivé à Athènes.

Une des premières choses que je fais en arrivant est d’aller voir l’antique et célèbre Acropole ! La chaleur est étouffante mais dès que l’on est sur une des collines de la ville, la brise venant de la mer permet de se rafraîchir un peu. Être dans cette ville est impressionnant. Déambuler au hasard dans les rues permet vite de se rendre compte d’un héritage extraordinaire. C’est une sensation très spéciale d’être dans ce lieu important de la mythologie grecque. Cela me rappelle plein de lectures ou de dessins animés de mon enfance avec les douze dieux de l’Olympe ou encore ses héros comme Hercule ou Achille. Mais je découvre aussi une ville encore marquée par la crise récente de 2010 : de nombreux bâtiments en cours de construction sont abandonnés, la pauvreté est très visible dans certaines rues.

Athènes est une ville habitée depuis plus de 3000 ans. L’âge d’or apparaît au 5ème siècle avec l’essor de la démocratie, de la philosophie et de l’art : Socrate, Platon, Aristote la construction du Panthéon… Elle perd ensuite de son influence mais reste un centre culturel important sous l’empire romain. Par la suite, la ville perd complètement son influence sous les empires byzantin puis ottoman. Après la guerre contre les Ottomans, la Grèce obtient son indépendance en 1830. Athènes devient la capitale en 1834. (source : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ath%C3%A8nes)

Après quelques jours, il est déjà temps de reprendre le vélo. Mon idée depuis Athènes, est de remonter vers le Mont Olympe en longeant la côte est du pays pour aller vers la Macédoine du Nord. Mais rien ne va se passer comme prévu…  La canicule s’invite dans le voyage !

La sortie d’Athènes est très agréable. Je suis l’itinéraire de l’Eurovélo 11 qui me fait déambuler dans des ruelles. Je profite également d’un dimanche sans circulation. Très vite à la sortie de la ville, je me retrouve à découvert de l’ombre des bâtiments. C’est alors que je me rends compte de la chaleur ! Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà eu aussi chaud. Je regarde la météo qui annonce des températures supérieures à 40 °C. La journée est donc rythmée de pauses à l’ombre. Malgré les litres d’eau que je bois toute la journée, la sensation de soif ne part pas. Signe annonciateur de la chaleur qui m’attend. Le lendemain est toujours aussi chaud. Je regarde les prévisions météo et cela ne doit pas s’arranger dans les jours à venir. Je décide de faire des pauses entre 12h et 14h. Mais même à l’ombre, la chaleur est étouffante. Les villages sont comme morts. Il n’y a personne dans les rues et tous les volets sont fermés. Même les chiens si contents d’ordinaire de me courir après le matin aux aurores, n’ont pas l’énergie de m’aboyer dessus. La nuit les températures ne baissent pas m’empêchant de me reposer convenablement. Et finalement une insolation finira de me convaincre de modifier mon itinéraire. C’est la première fois que je suis victime d’une insolation et c’est vraiment désagréable (mal de tête, crampes, manque d’appétit, sensation de soif continue…).

Je réserve un hôtel pour me reposer, m’hydrater et en fin de journée, l’appétit finit par revenir. J’étudie alors mes options pour me prémunir au mieux de cette vague de chaleur et des feux de forêt. En effet, du fait de la canicule, de nombreux feux se sont déclarés dans la partie est des Balkans. Décidément ! Je rejoins donc le port de Patras à l’ouest de la Grèce pour y prendre un ferry pour la Croatie. Ce n’est pas sans regret… Les dieux et les déesses de l’Olympe m’ont, cette fois-ci, refusé l’accès de leur si beau pays !

Malgré cela, j’ai eu un bel aperçu de la côte est de la Grèce avec des plages magnifiques et des routes sinueuses à travers le maquis qui finissent toujours par révéler de jolis villages.

C’est donc un peu plus tôt que prévu que je m’apprête à découvrir la Croatie, après un petit crochet par l’Italie pour me permettre la correspondance.

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