J’ai souvent parlé de la Route de la soie et j’ai toujours voulu aller en Asie centrale. En arrivant au Kazakhstan je réalise ce rêve. Mais il faut s’armer de patience avant d’être officiellement au Kazakhstan…
- Le trajet en bus d’Ürümqi à Almaty
La distance de 1100 km sépare Ürümqi en Chine, à Almaty au Kazakhstan. Je décide de prendre le bus. Nous partons en fin d’après-midi, le bus chargé de marchandises. Le moindre espace disponible est utilisé. Quelques arrêts permettent de combler les petits espaces encore libres… La route est agréable et elle est ponctuée de pauses régulières.
Le passage de frontière s’avère plus chaotique. A la sortie de la Chine comme à l’entrée du Kazakhstan, il nous faut décharger l’intégralité du bus, passer la sécurité, les scanners, l’officier d’immigration et recharger le bus… malheureusement je ne suis pas autorisé à faire en vélo, pour éviter une manutention, les 2 kilomètres de « no man’s land » séparant les deux postes frontaliers. Après 3 heures de contrôle, déchargement et rechargement… nous sommes donc officiellement au Kazakhstan. Et quel bonheur de ce côté de la frontière… il y a une machine à café ! Enfin la joie est courte… le paiement ne peut-être réalisé qu’à travers une application que je n’ai pas. Mais quelqu’un m’offre gentiment son café.
De retour dans le bus, un des conducteurs passe alors au milieu des passagers pour récupérer ses cigarettes et téléphones portables dispatchés parmi les voyageurs avant la frontière pour respecter les quotas !
A travers la fenêtre, je peux voir des étendues infinies de steppes ! Et les premiers chevaux en liberté. Seulement quelques kilomètres me séparent de la Chine mais déjà tout semble bien différent. Après 24 heures de bus, nous voilà à Almaty.




- Le Kazakhstan et Almaty
Le Kazakhstan est une vaste étendue de steppes habitée par différents peuples nomades au fil des siècles. Au 13ème siècle après avoir été envahi, le pays devient une partie du territoire mongol. Au 15ème siècle les tribus turco-mongoles locales forment le Khanat Kazakh. C’est une société nomade. A partir du 13ème siècle, les Khans Kazakh font appel à l’Empire russe pour se protéger. Progressivement le Kazakhstan est annexé à la Russie. Au 19ème siècle, il devient part de l’Empire russe. Après la révolution russe de 1917, le Kazakhstan devient une république socialiste soviétique en 1936. Pendant la période soviétique, il est notamment l’un des greniers à blé de l’URSS, mais aussi un centre spatial et un centre d’essais nucléaires. En 1991 après la chute de l’URSS, le Kazakhstan retrouve son indépendance.
La région d’Almaty a occupé une position stratégique sur la Route de la soie. Cela a apporté une grande diversité culturelle. En 1854 l’Empire russe fonde un fort militaire. Le nom est Verny. Le souhait est de contrôler la région. La colonisation russe introduit des infrastructures modernes, des bâtiments de style européen et une administration plus structurée. Puis en 1921 Verny est rebaptisé Alma Ata, ce qui signifie “Père des pommes”. On peut trouver, dans la région d’Almaty, des pommiers sauvages qui serait l’ancêtre de la pomme domestique consommée aujourd’hui. En 1929 Alma-Ata devient la capitale de la République socialiste soviétique kazakhe. Sous l’URSS, la ville connaît une industrialisation massive, une urbanisation accélérée, et un afflux de populations venant de toute l’Union soviétique. A la chute de l’URSS et à l’indépendance du Kazakhstan la ville d’Alma-Ata devient Almaty. En 1997 la capitale est transférée d’Almaty à Astana. (sources : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan – https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Almaty)
Almaty est une ville très agréable. Elle est située au pied de montagnes. Tout y est très vert. Il y a de nombreux parcs et des allées arborées. La diversité des cultures est également flagrante. On peut y voir les multiples influences du monde orthodoxe, musulman et asiatique. De nombreux bâtiments de l’ère soviétique sont également encore présents. A tous les coins de rues, je peux aussi y voir des machines pour simuler un coup de poing. Ça me rappelle les fêtes foraines de mon enfance !
Dans le bus pour Almaty, je sympathise avec un couple kazakh. Je leur demande alors de me confirmer les quelques mots du quotidien que j’ai traduit en kazakh. Ils sont corrects mais ils me donnent également la version russe. Je vais vite me rendre compte que la communauté russe est très importante. Le russe est même une des langues officielles du Kazakhstan.




- A la découverte des environs d’Almaty
Après quelques jours à déambuler dans les rues d’Almaty, je souhaite aller explorer les alentours. J’ai rencontré Sander, un cycliste de Belgique. Nous décidons de partir ensemble, lui en direction du Kirghizistan et moi pour me rapprocher des montagnes. Ces montagnes me font du clin d’œil depuis mon arrivée. Nous partons donc en direction de l’est pour rejoindre une route de montagne à la sortie de la ville.
La sortie d’Almaty est compliquée. Le trafic est important, le bas côté inexistant et nous sommes étonnés de ne voir aucun panneau de limitation de vitesse… Les gens nous frôlent à une vitesse incroyable. Rien de très agréable ! Heureusement nous trouvons vite une route parallèle à l’écart des grands axes, certes non goudronnée mais sans voiture donc tellement plus agréable !
Le changement avec le centre ville d’Almaty est important. J’ai la sensation d’être transporté à travers le temps, dans une époque que les livres d’histoire me racontaient. Les tuyauteries de gaz circulent partout en extérieur. Cela donne un charme particulier aux rues… Mieux vaut ne pas dépasser la hauteur autorisée avec son véhicule ! Heureusement avec nos vélos, aucun problème ! Nous nous arrêtons ensuite pour un café. En face d’une place où trône un char d’assaut, les enfants viennent y jouer, courir autour, monter dessus et en sauter.
Je découvre ainsi un mélange entre l’ancien et le nouveau, nouvelle technologie et tradition, vestiges du temps passé et en parallèle une société ouverte vers le monde et l’avenir. Mais aussi peut-être une société à deux vitesses, entre l’hyper-centre de la frénétique Almaty et sa banlieue et campagne proches.



- Une invitation chaleureuse
Après ce café, nous reprenons la route. Terminés la vallée et son trafic, nous sommes maintenant au pied des montagnes. Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons devant des chameaux. Ils ne sont pas en liberté mais c’est la première fois que j’en vois. Le propriétaire nous fait alors signe de venir le voir. Nous le rejoignons et commençons une conversation, toujours à l’aide d’un traducteur bien sûr. L’après-midi est déjà bien avancée. Nous lui demandons donc où nous pourrions camper le soir. Il nous indique des lieux mais nous invite également à rester sur son terrain si nous le souhaitons. Invitation acceptée !
Plusieurs familles sont venues pour l’après-midi profiter des yourtes sur la propriété. Nous sommes chanceux car à peine arrivés, l’une d’entre elles nous invite à partager le thé et le repas ! Moment unique où nous échangeons sur nos voyages, la vie et les traditions au Kazakhstan. C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur leur vie quotidienne. Pour le repas, nous avons la chance de manger du mouton qui a mijoté tout l’après-midi.
Après le moment des adieux, il est temps pour nous d’aller dormir. Le propriétaire de la yourte, nous autorise à passer la nuit à l’intérieur. La nuit s’annonce fraîche donc nous acceptons avec joie.






- Au revoir le kazakhstan !
Devant être de retour en Europe cet été, mon temps est malheureusement limité au Kazakhstan. Je décide de jouer la sécurité et de retourner vers Almaty pour préparer mon vol.
Je souhaitais aller découvrir les montagnes et c’est donc au pied de celles-ci que je me suis arrêté. Mais je me sens privilégié d’avoir pu vivre autant de rencontres et de découvertes en aussi peu de temps. J’ai aussi eu la sensation de découvrir un pays encore préservé du tourisme de masse, authentique, où les traditions sont encore visibles et présentes.
C’est donc avec un peu de regret que je quitte ce pays et ce peuple accueillant. De retour à Almaty, il est temps de démonter le vélo et de me préparer pour le nouveau chapitre de ce voyage.

Laisser un commentaire